esprits d’entrepreneurs Sous la direction de Giles Daoust Spadel Marc du Bois “A tous les niveaux de l’entreprise règne une liberté de proposer, d’initier et de trouver des solutions”. Votre premier job rémunéré (hors job d’étudiant) ? Merchandiser puis Sales Developer chez Coca-Cola. Un jour, je me suis même chamaillé avec un représentant de Spadel – qui ignorait alors qui j’étais – pour de l’espace dans le rayon d’un supermarché. Faire ses armes en dehors de l’entreprise familiale était une condition sine qua non avant de l’intégrer. Le «defining moment» de votre vie professionnelle ? Le décès accidentel de mon frère en septembre 2000. L’entreprise perdait un CEO et moi un frère et un grand ami, presqu’un père. L’émotion fut énorme. Lors du service religieux, la présence de 500 ouvriers en tenue m’a fait comprendre que je ne pouvais pas abandonner l’entreprise, malgré les sollicitations fortes des concurrents. Mais, à 37 ans et 6 ans seulement après mon entrée, je n’étais pas prêt à reprendre seul les rênes. Entouré d’un CA très fort, j’ai souhaité mener l’entreprise en duo avec un Directeur Général les quelques années qui ont suivi. Votre plus belle réussite professionnelle ? Ce qu’est devenu Spadel aujourd’hui. Un groupe international indépendant et florissant, sans aucun endettement et des projets plein les tiroirs. Je ne crois pas que mon frère l’aurait imaginé. Je n’étais pas attendu dans ce rôle. Il m’arrive aujourd’hui de me retourner et de faire un clin d’œil à la vie, même s’il faut rester humble pour progresser encore. Votre plus gros échec professionnel ? Il y a bien eu l’une ou l’autre acquisition manquée mais je ne considère pas vraiment cela comme des échecs. Il n’y a rien d’anormal à vivre quelques déceptions quand on est très exigeant… Votre super-pouvoir ? Il m’est difficile de répondre car j’essaie toujours de garder la tête froide. De là vient aussi ma réticence à m’exposer en public. J’espère qu’on retiendra de moi ma vision pour le développement durable et ma capa- cité à embarquer les gens dans mes rêves. Votre plus grand défaut ? J’en ai plein mais avant tout, je suis trop pressé. J’aimerais être capable de mieux prendre le temps de contempler. Propos recueillis par Philippe BECO